L'essentiel
- Le liquide dans l'articulation inhibe le quadriceps : un genou gonflé ne se renforce pas.
- Le test du flot cote l'épanchement de zéro à 3+ en quinze secondes, sans matériel.
- Sur 75 paires de tests, deux thérapeutes atteignaient un kappa de 0,75 avec 73 % d'accord exact.
- L'extension se compare à l'autre genou, pas à zéro sur un goniomètre : beaucoup de genoux sont naturellement en hyperextension.
- Un déficit de flexion à quatre semaines se résout. Un déficit d'extension à quatre semaines demande un plan cette semaine-là.
Le test du flot, et pourquoi il vaut mieux qu'un mètre ruban
Le test du flot cote l'épanchement articulaire : on chasse le liquide vers le haut le long du bord interne du genou, puis on regarde la vague qui revient à l'interligne interne. La cotation va de zéro à 3+. Quinze secondes, aucun matériel, et une fiabilité mesurée : sur 75 paires de tests, deux thérapeutes atteignaient un kappa de 0,75 avec 73 % d'accord exact, sans qu'aucune paire ne diffère de plus de deux grades.
Le tour de cuisse mesuré au mètre capture le gonflement de tout le segment, muscle et tissus mous compris, et il dérive selon l'endroit exact où le ruban est posé. Pour l'épanchement intra-articulaire, qui est ce qui inhibe votre quadriceps, le test du flot est le bon instrument. Les deux se notent, ils ne mesurent pas la même chose.
| Grade | Ce que ça veut dire | Quoi faire |
|---|---|---|
| Zéro | Aucun liquide ne revient à l'interligne interne | Progresser comme prévu |
| Trace | Une petite vague revient lentement | Normal tôt, à surveiller après les séances |
| 1+ | Une vague plus nette revient | Maintenir la charge actuelle, traiter le gonflement |
| 2+ | Le liquide revient seul, sans qu'on le chasse | Lever le pied, ce n'est pas la séance où l'on pousse |
| 3+ | Le liquide ne peut pas être chassé du compartiment interne | Ne plus ajouter de charge et prévenir le soignant, surtout en cas d'apparition brutale |
Un gonflement tardif est une information
Un épanchement à la deuxième semaine, c'est la chirurgie. Un épanchement qui apparaît au sixième mois après une séance de course, c'est votre genou qui signale que la charge a dépassé ce que la jambe encaisse. La bonne réponse consiste à regarder la charge et la force, pas à mettre de la glace et à refaire la même séance.
L'extension prime sur la flexion
L'extension se compare à l'autre genou et non à zéro sur un goniomètre, parce que beaucoup de personnes présentent naturellement quelques degrés d'hyperextension. Un genou qui s'arrête cinq degrés avant l'autre n'a rien d'une différence cosmétique : il oblige le quadriceps à travailler en permanence debout, modifie la façon dont la jambe est chargée à la marche et entretient l'irritation de l'articulation.
Le travail est monotone et quotidien : postures en extension avec la cuisse soutenue, étirement de longue durée à faible charge, talon surélevé, extension avec contraction active du quadriceps, et mobilisation de la rotule pour qu'elle ne devienne pas la structure limitante. Chaque semaine de déficit rend le rattrapage plus difficile, ce qui en fait une priorité du premier mois et non un chantier du troisième.
La flexion, à sa place
Environ 90 degrés à la deuxième semaine est une attente raisonnable : de quoi s'asseoir, pédaler et commencer le travail en chaîne fermée. La flexion complète revient le plus souvent entre la sixième et la douzième semaine. Un déficit de flexion à quatre semaines est une chose normale qui se résout. Un déficit d'extension à quatre semaines est un problème qui demande un plan cette semaine-là. Chercher agressivement la flexion profonde sur un genou encore gonflé achète surtout du gonflement supplémentaire.
Quand le gonflement revient sans arrêt
- Le coter plutôt que le regarder. Test du flot après chaque séance difficile, à la même heure. Écrit noir sur blanc, un motif apparaît en deux semaines.
- Regarder la charge, pas la glace. Compression, surélévation et froid gèrent le symptôme. La cause récurrente est presque toujours un volume ou une intensité en avance sur la capacité du moment.
- Vérifier la force. Un quadriceps 30 % en retard n'absorbe pas les forces de réception, donc l'articulation les prend. Un épanchement qui revient au cinquième mois et un chiffre de force bloqué sont en général le même problème, décrit par la page force du quadriceps.
- Escalader ce qui ne rentre pas dans le motif. Un gonflement brutal, un genou chaud, de la fièvre, un blocage mécanique ou une instabilité nouvelle relèvent d'un appel au chirurgien, pas d'un ajustement de programme.
Deux mesures, chaque semaine, au même endroit
Reprise LCA enregistre le test du flot, les amplitudes des deux genoux et les tours de cuisse, et rapproche un gonflement qui revient de la charge des séances précédentes. Voir l'application, écran par écran.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon genou est encore gonflé ?
Le test du flot répond en quinze secondes : on chasse le liquide vers le haut le long du bord interne, puis on regarde la vague qui revient à l'interligne. S'il ne revient rien, le grade est zéro.
Combien de temps un genou reste-t-il gonflé après une ligamentoplastie ?
L'épanchement des premières semaines diminue progressivement avec la compression, la surélévation et le froid. Ce qui compte davantage que la date, c'est la tendance : un grade qui remonte après une séance indique une charge trop élevée pour le moment.
Quelle amplitude faut-il atteindre et quand ?
L'extension complète, identique à l'autre genou, est la priorité du premier mois. Environ 90 degrés de flexion à deux semaines, et une flexion complète le plus souvent entre six et douze semaines.
Pourquoi l'extension compte-t-elle plus que la flexion ?
Parce qu'un déficit d'extension modifie la marche, entretient l'inhibition du quadriceps et devient difficile à récupérer une fois installé, alors qu'un retard de flexion se rattrape presque toujours.
Le tour de cuisse est-il inutile ?
Non, il suit la fonte musculaire et l'évolution globale du segment. Il ne mesure simplement pas la même chose que le test du flot, qui cote le liquide dans l'articulation.